Etudes et Résultats - La mobilisation collective des cheminots PS25 contre la SNCF

Au cours des années 1980, alors que plus de 800 cheminots marocains travaillent depuis une dizaine d’années au sein de la SNCF, ils font progressivement le constat de différences de traitement par rapport à leurs collègues français. Celles-ci vont être dénoncées, d’abord de manière individuelle et locale, puis à partir des années 2000 à un niveau plus collectif. Après un combat syndical puis judiciaire de plus d’une décennie, ces cheminots obtiennent gain de cause le 31 janvier 2018 dans le contentieux qui les oppose à la SNCF.

Cette étude cherche à comprendre les conditions d’apparition, de continuation et d’évolution d’un collectif à partir de l’analyse des différentes épreuves qu’il a rencontrées au cours de son histoire.

Trois grands résultats émergent de l’analyse : premièrement, cette mobilisation pour des victimes de discrimination est d’abord une mobilisation de victimes, c’est-à-dire une mobilisation dans laquelle elles jouent un rôle central.

Deuxièmement, l’action judiciaire a impliqué un important travail de mobilisation visant à la fois à perpétuer le collectif au cours du temps, à le faire résister aux différentes épreuves externes ou internes qu’il a eu à affronter, et à faire exister ses revendications dans divers espaces sociaux. Troisièmement, la pluralité des acteurs engagés, des références qu’ils incarnent, des intérêts qu’ils portent, a eu pour conséquence l’apparition de frictions puis de conflits, qui ont à terme fragilisé les relations de solidarité qui les unissent, comme nous le montre le dénouement de l’affaire.

Cette analyse permet de tirer plusieurs leçons qui visent à ouvrir ou au moins esquisser des possibles, et à réfléchir aux conditions de multiplication des mobilisations collectives.

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